La queue de la souris

 La queue de la souris : un atout non négligeable qui a ses désavantages. 

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La queue, organe souvent peu ragoûtant pour certains (mais on ne sait pourquoi), n’est pas là par simple hasard : elle a de multiples utilisations et son absence entretient un handicap pour les souris qui en sont privées.

La taille de leur queue équivaut en moyenne à la longueur de leur corps, dépendant également de leur lignée. En effet, on remarquera que les souris d’exposition, de bon gabarit, ont des queues très longues.
Constituée d’écailles (épaisses couches de kératine durcie) et très peu poilue par rapport au reste de leur corps, elle est considérée comme un élément essentiel de l’anatomie de la souris.

Comme dit plus haut, la queue des souris a de nombreux rôles et utilisations, qui sont les suivants :

  • Régulateur de température : Étant donné que la souris n’a pas la possibilité de transpirer, la régulation de la température corporelle d’une souris s’effectue via les nombreux vaisseaux sanguins qui circulent dans sa queue. Par exemple, en hiver ou lors de grands froids, la souris évite un maximum de perte de chaleur en resserrant ses vaisseaux. A l’inverse, en été ou lorsqu’il fait chaud, la dilatation des vaisseaux de la queue permet au sang qui y circule de se refroidir et d’ensuite apporter plus de fraicheur au reste du corps par circulation.
  • Balancier : Sa queue ayant une certaine masse, la souris peut l’utiliser pour parfaire son équilibre, l’utilisant comme un contre-poids, lors de promenade sur une corde fine par exemple, si elle se met debout ou encore si elle s’apprête à sauter.
  • « Cinquième patte » : Lorsque ceci lui est possible, la souris enlace quelques barreaux de sa cage pour maintenir un meilleur équilibre lorsqu’elle se penche. Elle s’en sert donc de la même façon qu’un de ces 4 autres membres. Cependant, cette faculté est limitée : elle n’est pas en mesure de se pendre par la queue à la façon des opossums !
  • Traversin : Il n’est pas rare de voir les souris dormir en boule, la tête posée sur leur queue. Nous sommes donc en droit de penser que la queue est également utilisée pour améliorer le confortlors de leur sommeil et garder également la chaleur. En effet, lorsque les souris dorment (et nous aussi), leur rythme cardiaque diminue jusqu’à un certain seuil et elles produisent alors moins de chaleur. Il convient alors d’en garder un maximum comme elles le peuvent.
  • Toucher : Grâce aux nombreux poils sensitifs de leur queue, définie comme organe sensitif du toucher, les souris sont en mesure de s’orienter dans leur environnement.

 La queue des souris n’en est pas moins fragile : il ne faut jamais prendre une souris par l’extrémité de la queue (excepté en cas d’urgence majeure) et la suspendre dans le vide sous peine de lui causer des séquelles irréversibles tels que des déplacements vertébraux ! 

Organe doux et sensible, la queue est soumise de façon permanente à toutes sortes d’attaques qui peuvent l’abimer, voire très gravement l’esquinter.
Les accidents sont très vite arrivés; il ne suffit que d’un moment d’inattention et le mal est fait. Bien entendu, toute maladresse ne vient pas forcément de votre part, et c’est pour cette raison que vous devez toujours avoir un œil attentif sur votre souris pendant ses sorties, ou encore bien vérifier que les accessoires de sa cage ne comportent aucun danger. Le problème peut également survenir suite à la morsure d’une de ses congénères, etc.
Dans tous les cas, vous vous devez de réagir vite car l’évolution est rapide et les complications ne trainent pas.

La queue de votre souris peut alors rencontrer les problèmes suivants :

  • La gangrène (ou nécrose des tissus) : Elle est causée par un choc, une infection, une obstruction artérielle par embolie ou encore l’exposition à un froid intense. Son origine provient de l’interruption prolongée ou le ralentissement extrême de l’irrigation sanguine la plupart du temps. En effet, les tissus se meurent puis se putréfient en l’absence d’apports en oxygène.
    Dans ce cas, il n’y a pas grand chose à faire par vous-même, mis à part aller consulter votre vétérinaire qui stoppera la gangrène par amputation. Ceci dit, dans de rares cas, le bout de queue atteint peut finalement sécher et tomber sans aucune intervention extérieure. Évidemment, n’attendez pas que la gangrène se propage jusqu’à la base de la queue pour vous affoler et courir en urgence chez le vétérinaire. Le coton et certains tissus qui s’effilochent peuvent enlacer les membres et la queue à la façon d’un garrot, ce qui coupera toute circulation sanguine et favorisera donc la nécrose des tissus isolés.
  • L’abcès : Il est une accumulation de pus après nécrose dans une cavité néoformée. Un abcès superficiel peut présenter les symptômes des composantes de l’inflammation, lesquels sont chaleur, douleur et rougeurs.
    Ainsi, une morsure, si elle n’est pas désinfectée à temps, peut-être responsable d’un début d’infection conduisant le plus souvent à la formation d’un abcès. S’il n’est pas remarqué trop tardivement, il est possible de sauver la partie atteinte. Malheureusement, s’il est situé sur la queue, le morceau atteint est en général amputé car il y a de fortes chances de gangrène par la suite (qui nécessitera une amputation de toute façon).
  • Points ou petits boutons : Appelés communément « boutons de gale », ils sont caractéristiques d’une infestation par les parasites de la gale mais leur détection est très subtile sur la queue. On en trouve également sur les pavillons des oreilles et leur couleur peut aller du blanc au noir (bouton dur) en passant par le rouge. Ces lésions doivent vous mettre la puce à l’oreille et le traitement, après visite chez le vétérinaire, relève de l’application d’une goutte d’un anti-parasitaire approprié (Stronghlod 15mg en général) entre les deux omoplates.

Étant toujours dans le sujet de la queue de la souris, il m’a semblé important de parler d’une variété qui n’en présente pas à l’état naturel : la souris Manx. Cette particularité existe chez d’autres espèces, telles que les rats ou encore les chats, dont la cause est purement d’ordre génétique. Cela signifie que la souris en question nait directement sans queue ; les souris ayant eu leur queue coupée ne sont alors pas considérées comme étant Manx.

Les souris de cette variété ont donc inévitablement quelques problème liés à l’absence de cette queue, surtout thermiquement. En effet, la régulation de la température corporelle se révèle être un véritable défis chez la souris Manx, qu’il faudra garder à l’œil constamment lors de grosses chaleurs ou petites fraicheurs…
En revanche, elles ne semblent pas présenter beaucoup de difficultés à garder leur équilibre lors de traversées périlleuses, car n’ayant jamais vécu avec un balancier, elles ne peuvent le ressentir comme un manque.

© _Banzaii. 2010

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