Le reniflement chez le rat


Pix ~ EOS._49517-2Les rats se sentent pour monter qui est le chef! 
Une récente étude démontre une nouvelle forme de communication.

Vérifier son environnement en le reniflant est un comportement habituel pour les chiens, chats et bon nombre d’autres mammifères. Une étude récente de la Case Reserve University School of Medicine a révélé que le fait de renifler servait aussi comme méthode de communication chez les rats. Cette découverte inattendue pourrait aider à identifier les régions critiques du cerveau qui servent à interpréter les repères de communication, mais aussi à identifier quelle défaillance du cerveau mènerait à des désordres sociaux complexes.

Une des occasions les plus courantes de se renifler est quand les animaux entrent en contact l’un avec l’autre, un comportement que les chercheurs avaient traditionnellement juste pris pour une simple manière de se familiariser avec l’odeur de l’autre. Cependant, le neuroscientifique Daniel W. Wesson a trouvé que les rats se sentaient les uns les autres pour signaler une hiérarchie sociale, et prévenir tout comportement agressif.

« Nous savons que les rats et les autres animaux peuvent communiquer à travers des vocalisations, des contacts physiques, les odeurs et aussi des signaux visuels »,  explique Wesson. « Trouver qu’il existe une forme encore non découverte de communication que ces animaux ont toujours utilisée à notre barbe est vraiment une grande expérience ».

Des études précédentes ont montré que les rats, comme les humains, forment naturellement des hiérarchies sociales complexes. Wesson a utilisé des enregistrements télémétriques des respirations nasales pour enregistrer et observer les rats lors d’interactions, et a trouvé que lorsque deux rats s’approchent, la dominance est communiquée par un reniflement plus fréquent. Le dominé signale son rôle en reniflant moins lors de l’interaction. Si le dominé reniflait plus qu’il n’était supposé le faire, le dominant serait plus prompt à devenir agressif.

La théorie de Wesson est que le rat dominant envoie un signal pour éviter le conflit, similaire à un grand singe qui arrive dans une pièce en se frappant la poitrine. Dans le cas des singes, l’animal dominé va se recroqueviller et regarder ailleurs. Chez les rats, la réponse adéquate pour l’animal dominé est simplement de diminuer ses reniflements.

Même les animaux qui ne sont pas (plus) capables de sentir pratiquent cet échange de reniflements. Cependant, des chercheurs ont montré qu’en traitant ces animaux avec la célèbre « hormone d’amour », l’Ocytocine, éliminait pour de bon ce comportement de reniflements dominant-dominé.

« Ces découvertes nouvelles et fascinantes montrent que la façon dont un animal renifle influe beaucoup sur son statut social », dit Wesson. « Le comportement du reniflage pourrait refléter un méchanisme commun de communication au travers de beaucoup d’espèces animales et dans toutes une variété de contextes sociaux. Il est très probable que nos animaux domestiques utilisent les mêmes moyens de communication devant nos yeux chaque jour, mais comme nous ne l’utilisons pas nous-mêmes, nous ne reconnaissons pas là une forme véritable de communication. »

Cette étude représente la première nouvelle forme de communication observée chez les rats depuis que l’on a révélé l’usage des fréquences ultrasons avec la voix dans les années 1970, jetant des bases pour savoir comment des désordres neurologiques empêchent le cerveau de fonctionner normalement, et de montrer une conduite sociale appropriée.

Wesson a l’intention de continuer cette recherche, en utilisant ces découvertes pour découvrir pourquoi certains comportement tournent mal. Il espère découvrir si cette forme nouvelle de communication peut expliquer comment le cerveau contrôle les comportements sociaux complexes, et comment ces centres neuraux peuvent réagir de manière inappropriée aux repères sociaux.

Traduction par Aurélie Dengis d’un article sur Red Orbit, écrit par April Flowers.

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