[Chinchilla] blue diamond

Mutation assez remarquée et remarquable, le blue diamond a fait couler beaucoup d’encre ces 10 dernières années. Vous avez pu en voir quelques-uns en vrai aux dernières réunions et expos où l’AFAR était présente.

Picture28Les premiers blue diamond vus en Europe se trouvaient en Hollande, chez Mr Bouwens, Santiago chinchilla, il y a maintenant bientôt 13 ans. La robe bleue claire lumineuse attire tout de suite le regard et les visiteurs ainsi que les acheteurs de cet éleveur se sont de suite posé beaucoup de questions : quelle mutation ? quelle origine ? …

Secret bien gardé durant plus de 10 ans suscitant pas mal de rumeurs folles propagées : il serait le résultat de l’association de white récessif, de deutch violet (récessif), de saphir (récessif) et de violet sullivan (récessif). Rumeur peu crédible pour les éleveurs expérimentés car la faible prolificité des chinchillas ne permet pas encore de mêler de façon homozygote autant de gènes récessifs sur un sujet.

Toutefois la mutation est à ce moment-là si rare et tellement convoitée que l’éleveur les cède plusieurs milliers d’euros (3 à 4 à l’époque).

Plusieurs pistes toutefois se dégagent alors :

  • Picture29Les mariages donnant naissance à du blue diamond sont ceux composés de saphir et de violet sullivan.
  • Les descendants du mariage d’un blue diamond avec du violet donnent 100% de violet sullivan, porteur blue diamond.
  • Les descendants du mariage d’un blue diamond avec du saphir donnent 100% de saphir, porteur blue diamond.

Les pedigrees des blue diamond ne comprennent que du saphir et du violet sullivan comme mutations récessives combinées. De ces lignées ne naissent donc que du standard, du saphir, du violet sullivan et du blue diamond.

De ces observations découle une conclusion : le blue diamond est un double récessif homozygote de violet sullivan et de saphir, ce qui n’est déjà pas facile d’obtenir à la base mais le mythe de 4 mutations récessives combinées est enfin tombé.

Attention : 0n sait dorénavant que quand on parle de ‘porteur blue’ cela signifie que le chinchilla a un gène afroviolet (sullivan) et un gène saphir, le blue diamond n’était pas une mutation à proprement parlé mais une combinaison homozygote de deux gènes récessifs.

La grosse difficulté du travail de la mutation fut d’obtenir des saphirs porteur violet (donc porteur blue) et des violets porteurs saphir (donc porteur blue).

Pourquoi cela ?

Car en premier lieu, pour travailler le double récessif, il faut marier un(e) beau (belle) saphir avec un(e) beau (belle) violet(te).

Génotype :

– Violet = v/v-pw/pw
– Saphir = s/s-pw/pw

Violet sullivan (afro violet)
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Saphir :
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De ce mariage, nous obtenons 100% de standard double porteur (porteur violet et porteur saphir).

Génotype : v/pw-s/pw.

Afin d’arriver à du double récessif, le blue diamond (génotype décrété par l’AFAR pour se rapprocher de l’écriture de la génétique des petits rongeurs : v/v s/s pw/pw) peut résulter du mariage de deux standards double porteurs de lignées différentes.

De ce mariage, on obtiendra des standards éventuellement porteur violet et éventuellement porteur saphir, des saphirs possible porteur violet, des violets possible porteur saphir et du blue diamond avec beaucoup de chance (une sur 64). On voit donc à ce stade le degré d’incertitude sur le fait qu’un bébé standard,saphir ou violet portera bien la ou les couleurs récessives attendues pour continuer le travail. Sans oublier qu’en plus, la gestation chez les chinchillas est de 111 jours et qu’ils ont un voire deux ou trois petits…

Imaginons donc qu’un bébé blue soit né de ce mariage, il faudra alors encore le marier avec un standard porteur violet et porteur saphir d’une troisième bonne lignée ou alors un saphir (ou un violet) né de standard double porteur afin de vérifier qu’il soit bien porteur violet (ou porteur saphir). En reproduction, il sera alors facile de confirmer le port d’un gène chez le petit violet (ou saphir) issus de ce mariage.

Pour enrichir la lignée, il est toujours recommandé de passer par un beau standard double porteur plutôt qu’un saphir (porteur violet).

Les raisons ?  Un croisement abusif et mutuel de mutations récessives les plus récentes (donc très consanguines) occasionne une cumulation des tares génétiques impactant :

  • les gabarits: nanisme
  • les morphologies: ressortir de plus en plus de type ‘lanigera’ sans la qualité de la fourrure, morphologie étroite ne répondant pas aux standards de show
  • la santé: risque accru de malocclusions dentaires (un fléau), de troubles hépatiques, neurologiques, cardiaques, squelettiques, etc.

le caractère : certaines lignées de gènes récessifs ont été plus nerveuses à la base, sauvages ou présentant des troubles du comportement (cumuler la même lignée fera réapparaître ces troubles)

Remettre en couple avec des lignées stables, fortes et belles de standards de qualité permet de diluer le sang et les gènes de façon plus importante et d’écarter au maximum toutes ces ‘tares’ pour garantir des animaux conformes au standard de la race et de la mutation en bonne santé physique et mentale.

On remarque donc le temps et la sélection nécessaires pour obtenir les premiers blues diamonds. De nos jours, l’élevage de blue diamond est plus rapide mais pas plus simple, car les lignées sont fortement mêlées du même sang. Beaucoup de personnes sont alors tentées de de faire des mariages ‘faciles’ de blue diamond + blue diamond pour finalement obtenir un résultat souvent bâclé et des sujets affaiblis.

Le risque étant de répéter le drame des violaphirs américains en Europe. Aux Etats-Unis, les violaphirs n’ont pas survécu plusieurs années, touchés par diverses pathologies, faiblesses génétiques, défauts du standard prononcés, troubles comportementaux avérés… La réputation fragile et ‘tarée’ de cette mutation l’a tellement suivie qu’on peut se dire que le nom européen de blue diamond a aussi été crée pour cela, se démarquer de ce qui avait été fait Outre-Atlantique.

Le blue diamond est bien génétiquement ce que les Américains appelaient 10 ans auparavant du violaphir, mutation tristement célèbre sur ce continent pour sa fragilité.

Les blue diamond européens, eux, n’ont pas présenté en 13 ans de ‘fragilité’ particulière. Afin de faire perdurer cette tendance, comme pour toute démarche dans l’élevage, une sélection attentive des reproducteurs et l’éloignement des lignées fragiles ou présentant des tares avérées sont nécessaires. La vraie difficulté résultant notamment de la sélection et du choix des reproducteurs de mutation saphir, mutation récessive récente, fort consanguine et demandant un travail rigoureux.

Le blue diamond a les yeux noirs (mais parfois avec un reflet rouge, venant du gène saphir), les oreilles gris clair avec le centre très rosé, et un pelage bleu clair lumineux. Comme chez le standard et le violet ainsi que le saphir dont il est issu, 4 nuances existent : du plus clair au plus foncé. Un autre paramètre entre cependant en ligne de compte : les saphirs dont ils sont issus présentent deux teintes distinctes dans leurs lignées : les très grisés et les bleutés. Pour travailler le saphir comme le blue, il faut sélectionner les sujets les plus bleutés possible.

Bébé blue
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Blue ado
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Blue adulte
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Rosalie Decortes, élevage Chincholla

Note : équivalence en génétique des autres rongeurs :
Violet : pw/pw v/v
Saphir : pw/pw s/s
Standard double porteur : pw/pw S/s V/v
Blue diamond : pw/pw s/s v/v

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