La reproduction du cochon d’inde : pourquoi faire simple?

Espèce actuellement sujette à débat depuis des dizaines d’années, le cochon d’inde n’appartiendrait pas à l’ordre des rongeurs de façon aussi évidente que nous le pensons. En effet, les résultats d’analyses génétiques et d’études taxonomiques mettent en avant des différences notables avec les autres rongeurs. L’absence de production de vitamine C en est un exemple.

Une analyse phylogénétique a d’ailleurs montré que le cobaye reste plus proche des lapins, alors qu’une analyse moléculaire présente l’existence d’un « marqueur génétique » également trouvé chez d’autres rongeurs.

On l’aura compris, les cobayes sont encore de nos jours une véritable énigme… et les novices comme les connaisseurs ne sont pas au bout de leurs surprises !

Conditions pour la reproduction

La reproduction des femelles est soumise à des règles strictes qui doivent impérativement être respectées. En effet, toute femelle pesant moins de 700g ou ayant plus de 7 ou 8 mois ne doit pas subir de saillie.

La gestation chez les cobayes s’étalant sur 68 jours en moyenne, une femelle ne doit alors pas mettre bas pour la première fois après l’âge de 11 mois. Le poids donné est une indication moyenne afin de limiter les risques d’épuisement.

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Outre ces paramètres anatomiques, l’origine des cochons d’inde doit être connue. Tout individu provenant d’animalerie peut être porteur de tares héréditaires (Fig. 1.1 & 1.2) généralement issues d’une consanguinité mal maitrisée. La malocclusion dentaire (Fig. 2) et les malformations en sont des exemples.

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Tout comme chez les souris, la génétique peut également entrer en scène dans le cadre de la reproduction des cobayes. En effet, les croisements de Rouans (Fig. 3), Dalmatiens et Blancs sont dits létaux : ils causent un décès prématuré des jeunes ou encore des malformations.

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La reproduction d’une femelle Satin (Fig. 4) peut également engendrer son propre décès pendant la lactation puis l’allaitement. En effet, le besoin important en calcium pour la production de lait maternel épuise les réserves contenues dans le sang de la mère (hypocalcémie) dont ont besoin les muscles pour fonctionner. Elle meurt d’hypothermie.

Comme la majorité des rongeurs, la femelle cobaye est de nouveau fertile de suite après la mise bas. Le mâle reproducteur devra être séparé de la future mère deux semaines avant la naissance des jeunes.

Rigidification de la symphyse pubienne

Principale cause de décès chez les femelles qui mettent bas de leurs premiers petits après l’âge de 11 mois, la rigidification de la symphyse pubienne consiste en la réduction de flexibilité de l’os pelvien au niveau du bassin. Celle-ci empêche alors l’écartement de la symphyse pubienne nécessaire au processus de mise bas.

Si une intervention chirurgicale (césarienne) est possible, elle doit être réalisée au plus vite par un vétérinaire praticien de la médecine des NAC (Fig. 5). Les risques de perdre la mère et les jeunes (Fig. 6) sont malgré tout importants.

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Toxémie de gestation

Maladie métabolique qui survient généralement 4 semaines autour de la mise bas chez les femelles obèses (Fig. 7) ou trop maigres, elle consiste en un empoisonnement du sang pouvant également être lié à une fausse couche.

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La fréquence d’apparition ainsi que la rapidité d’évolution de la maladie fait de la reproduction du cobaye une activité à laisser aux éleveurs expérimentés.

Les symptômes principaux sont difficiles à louper ; la femelle souffre d’anorexie, d’hypothermie, d’hypoglycémie,  d’apathie ainsi que de problèmes respiratoires. Elle peut aussi être atteinte de ballonnements, appelés tympanisme.

La prise en charge par un vétérinaire d’une femelle atteinte de toxémie doit être immédiate. Le diagnostic est souvent sans appel une fois la palpation de l’abdomen, les analyses de sang et d’urine réalisées.

Le traitement consiste en l’injection par perfusion d’une solution de réhydratation et d’antibiotiques, ainsi qu’un gavage parfois nécessaire à la seringue afin d’éviter l’arrêt du transit.

Généralement causée par un déséquilibre alimentaire, lié à une alimentation inadaptée (graines proscrites), la toxémie de gestation peut être évitée grâce à une stimulation active via jeux et sorties, une alimentation de qualité (légumes, foin à volonté) et un apport supplémentaire de 2ml par jour de vitamine C.

Et après ?

Une fois la première portée mise au monde, la femelle pourra reproduire jusqu’à ses trois ans sans oublier une période de repos de minimum 2 mois et maximum 6 mois entre chaque portée.

A savoir que les cochons d’inde mettent bas de 3 à 4 petits en moyenne, et qu’ils sont dits nidifuges ; ils naissent complètement formés et peuvent commencer à manger l’alimentation de la mère quelques heures après leur naissance (Fig. 8).

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Afin d’éviter que la mère ainsi que les jeunes femelles ne soit saillies par les jeunes mâles, ces derniers devront être séparés à l’âge de 3 semaines. La cohabitation avec le père peut ne pas être possible, il faudra alors prévoir une troisième cage.

Enfin, si vous ne souhaitez pas garder les petits, il vous faudra leur trouver un foyer à chacun en prenant garde aux personnes mal avisées.

Conclusion

Que ce soit vis-à-vis des conditions limitantes énoncées ci-dessus que de votre expérience de l’espèce, la reproduction des cochons d’inde est clairement réservée aux personnes expérimentées qui ont de surcroit un vétérinaire compétent en médecine des NAC sous la main.

Article par Katheleen Lemaire

Sources :

Passion Cobaye : http://www.passioncobaye.com/site/index.html

Cobaye’s Club : http://www.cobayesclub.com/cochon_inde.htm

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