Cohabitation intra- et inter-espèces

Chaque animal possède un langage corporel bien défini par son espèce, des signes qui lui permettent de s’intégrer dans un groupe et/ou montrer ses intentions. De manière générale, ces signes sont différents pour chaque espèce, allant même jusqu’à avoir une signification contraire selon les animaux (prenons l’exemple bien connu de la queue qui remue, signe chez le chien qu’il est heureux, et chez le chat qu’il est fâché). Il en va de même pour chaque espèce de rongeurs.

Les rongeurs grégaires possèdent un langage qui leur permet de communiquer avec le groupe. Ce langage comprend des marques de soumission ou de dominance, des signes de jeux, d’énervement, de peur, etc. Il faut rester attentif à ces comportements lors de l’intégration d’un animal dans un groupe, ou lors de la formation d’un groupe. Pour certaines espèces, cela peut aller très vite (les rats et souris par exemple montrent souvent très vite s’ils s’entendent ou non), chez d’autres espèces cela prend plus de temps (hamster de Roborovski, gerbilles, cobayes….).

Les rongeurs solitaires ont un langage qui se limitera plutôt aux marques de dominance et aux signes sexuels.

DANS LA CAGE

Il est impératif de ne jamais mélanger les espèces dans une cage ou un endroit de vie. Leurs signes pourraient facilement prêter à confusion et engendrer un combat qui n’a pas lieu d’être. Pour prendre un exemple simple : le rat qui se couche sur le côté se soumet à son congénère tandis que le hamster syrien qui se couche se protège tout en essayant d’attaquer l’adversaire au cou.

Au niveau de l’alimentation, la cohabitation intra espèce ne pose évidemment aucun problème puisque tous les individus de la même espèce mangent la même chose. Il faudra cependant veiller aux animaux qui ont des problèmes de santé dus à la nourriture (surpoids, intolérances, etc.).

On déconseille donc de faire cohabiter des espèces dont le langage corporel est proche, mais qui n’ont pas la même alimentation. Si le lapin et le cobaye sont tous deux herbivores, les apports nécessaires au cobaye (vitamine C notamment) peuvent nuire au lapin. Leur régime alimentaire est identique (herbivore strict) mais les apports nécessaires sont différents, d’où la nécessité d’avoir un mélange pour chacune des deux espèces. Hors, s’ils sont dans la même cage, ils mangeront tous les deux la même chose, ce qui provoquera inévitablement des carences ou des excès, qui sont aussi dangereux l’un que l’autre.

En ce qui concerne le rythme de vie, il ne faut pas faire cohabiter des animaux diurnes avec des animaux nocturnes pour éviter de troubler le rythme de sommeil.

En résumé il n’existe pas d’espèces qui peuvent cohabiter sans danger. Les rats et les souris ont le même régime alimentaire et le même rythme de vie, mais le rat étant le prédateur naturel de la souris, la cohabitation est peu recommandée, même commencée très jeune. Gerbilles et hamsters ont presque la même alimentation et le même mode de vie, mais le hamster étant solitaire il va de soi qu’il ne peut cohabiter avec aucune espèce, pas même ses congénères (exception faite des Roborovski et Campbell, à faire avec prudence, c’est un autre sujet).

HORS DE LA CAGE

De même qu’à l’intérieur de la cage, la cohabitation ne doit jamais être tentée avec des animaux solitaires (hamster par exemple). Leur temps de réaction est parfois très court, et vous risquez de ne pas avoir le temps de séparer les animaux avant la mort de l’un d’entre eux.

Il va de soi que des animaux qui n’ont pas de contacts réguliers ne doivent pas etre mis ensemble lors des sorties. Dans l’idéal, il vaut mieux éviter les contacts entre espèces différentes, ou entre animaux d’une même espèce mais provenant de groupes différents. Il arrive cependant que des rats, par exemple, ou des souris qui sont assez territoriaux à l’intérieur de leur cage tolèrent des individus extérieurs à leur groupe, une fois hors de leur habitat. La surveillance doit cependant être très stricte.

Le contact avec les chats doit être limité ou inexistant. En effet, même si le félin peut avoir l’air désintéressé ou endormi, un chat reste un chat et les attaques surprises sont sa spécialité. Mettre en danger la vie d’un rongeur sous prétexte que « le chat est gentil », c’est un peu tenter le diable. De plus, il suffirait d’un seul coup de griffe pour blesser grièvement ou tuer un rongeur (si pas par la blessure elle-même, par l’infection qu’elle peut provoquer puis le stress lié à l’attaque).

Le contact avec les chiens ne doit se faire que lorsque le chien est totalement obéissant et que l’on est certain qu’il répondra à l’ordre « stop » en cas de soucis. J’ai vu de mes propres yeux un cocker avaler tout rond une souris avec laquelle il voulait jouer…

En résumé, hors de la cage, les contacts inter-espèces ne sont pas à bannir totalement, mais cependant fortement déconseillés pour la plupart des espèces, exception faite sans doute des lapins et cobayes qui pourraient éventuellement sortir en même temps, s’ils se connaissent bien. N’oubliez pas que le stress engendré par des rencontres, même sous contrôle, peuvent mener à de plus graves problèmes. Mieux vaut prévenir que guérir, comme on dit.

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