Les différentes variétés de l’octodon

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Connu également sous le nom de Dègue du Chili, l’Octodon degus est un rongeur originaire d’Amérique du Sud particulièrement vif, mais aussi très joueur.

Son nom lui vient en fait du dessin en forme de huit de la table d’occlusion de ses molaires, construit sur le grec oktô (huit) et odontos (dent).

Les octodons – vivant en groupe de même sexe – arborent généralement un poil Agouti, lequel est considéré comme étant la variété sauvage, exempte de mutations génétiques.

Cependant, il existe d’autres variétés encore malheureusement très peu connues en France puisqu’elles ne se trouvent uniquement chez nos voisins anglais, néerlandais, allemands et même finlandais !

La génétique des octodons reste pour le moment un grand mystère, et ce même pour le peu de mutations recensées à ce jour – celles-ci semblent d’ailleurs être toutes situées sur le même chromosome, et jusqu’à précisément occuper le même locus sur chaque paire.

La plupart des informations ainsi que l’intégralité des images présents dans cet article proviennent de l’article Colour Varieties* en ligne sur le site Degutopia (2011), en accord avec l’auteur.

Agouti

image003Comme il a été précédemment souligné, l’Agouti est la couleur sauvage de l’Octodon, et donc la plus facile à trouver car également la plus commune !

La structure du poil Agouti est dite « ticked », c’est-à-dire que l’extrémité tout comme la base du poil est d’un gris pierre, tandis que la partie centrale arbore un brun cannelle.

Ces tons de couleurs lui permettent en fait de se camoufler dans son environnement naturel afin d’échapper aux prédateurs ailés notamment.

Génétiquement, l’on traduit l’Agouti par la lettre « A » ; il s’agit d’un gène dominant exprimé à l’état homozygote (AA). Ainsi, lorsque l’on reproduit deux octodons Agoutis, l’on obtient une portée 100% Agouti comme l’indique le schéma suivant :

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Bleu

image005Contrairement à l’Agouti, le Bleu ne présente pas de ticking, si ce n’est une bande de couleur gris anthracite parfois située uniquement sur l’extrémité extérieure du poil.

Ceci dit, les octodons bleus sont généralement confondus avec ceux de variété Agouti, dont la raison tient certainement de l’actuelle mauvaise qualité du gène responsable.

Cette variété est encore peu courante en France, mais elle reste malgré tout à la portée de n’importe qui serait motivé à chercher un minimum.

Génétiquement, l’on traduit le Bleu par la lettre « b » ; il s’agit d’un gène récessif exprimé physiquement à l’état homozygote uniquement (bb). Ainsi, il est possible d’obtenir différents résultats lors de différents croisements.

Premier croisement : Agouti X Bleu

Lorsque l’on croise un octodon Agouti avec un Bleu, l’on obtient une portée à 100% d’Agoutis porteurs Bleu (Ab), lesquels sont physiquement similaires aux octodons Agoutis.

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Second croisement : Agouti porteur Bleu X Agouti Porteur Bleu

Lorsque l’on croise deux octodons Agoutis porteurs Bleu, l’on obtient 50% des petits présentant un génotype identique aux parents (Ab), tandis qu’un quart de la portée leur ressemblera mais sera génotypiquement Agouti (AA) et les derniers 25% seront finalement Bleu (bb).

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Troisième croisement : Agouti porteur Bleu X Bleu

Lorsque l’on croise un octodon Agouti porteur Bleu et un Bleu, l’on obtient des petits identiques génétiquement à leurs parents en proportions supposées identiques.

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Champagne Agouti

image009Le poil Champagne Agouti, comme celui de l’Agouti, présente un ticking, néanmoins quelque peu différent de celui de ce dernier.

En effet, les couleurs présentes sont globalement plus claires ; la base arborant un crème pâle au lieu d’un gris pierre, et la bande centrale un châtain clair plutôt qu’un brin cannelle. Les dégus Champagne Agouti sont pourtant généralement confondus avec les octodons Bleus.

Le gène responsable de la couleur Champagne Agouti semble être le même que celui qui pourvoit l’octodon d’un ventre plus clair, en comparaison avec l’Agouti.

Malheureusement, cette mutation étant très récente, aucun « code » génétique ne lui a encore été attribué, notamment parce que l’on ignore encore de quelle nature est le gène responsable…

« Noir »

Les octodons considérés comme « Noirs » présentent en fait un poil d’un brun foncé, dont le gène originel n’est actuellement pas connu. La variété en question est l’une des plus difficiles que l’on peut tenter de trouver à l’heure actuelle.

Cette mutation aura cependant été recensée comme étant la première de l’espèce.

Sable

La mutation à l’origine de la variété Sable, provenant initialement des Etats-Unis, a été importée en Allemagne. La première souche recensée souffrait de malformations osseuses et graves problèmes de santé, lesquels auraient finalement causé sa disparition.

Cependant, une souche tout à fait différente est actuellement travaillée en Allemagne, laquelle ne causerait aucun problème physiologique. A l’heure actuelle, les octodons Sables présentent une espérance de vie et une santé tout à fait similaires à celles des octodons Agoutis.

Génétiquement, l’on traduit le Sable par la lettre « s » ; il s’agit d’un gène récessif exprimé physiquement à l’état homozygote uniquement (ss). Ainsi, il est possible d’obtenir différents résultats lors de différents croisements.

Premier croisement : Agouti X Sable

Lorsque l’on croise un dégu Agouti et un dégu Sable, l’on obtient finalement une portée composée uniquement d’Agoutis porteurs Sable (As), dont le phénotype (aspect physique) reste identique aux octodons Agouti.

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Second croisement : Agouti porteur Sable X Agouti porteur Sable

Lorsque l’on croise deux Agoutis porteurs Sable, 50% de la portée héritera d’un génotype identique (As), tandis qu’un quart leur ressembleront physiquement mais seront génétiquement Agouti (AA), et les derniers 25% seront Sables (ss).

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Troisème croisement : Agouti porteur Sable X Sable

Lorsque l’on croise un Agouti porteur Sable et un Sable, l’on obtient des petits identiques aux parents (même génotype) en proportions supposées égales.

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White Patched Agouti

Plus courant que le Sable, le White Patched (Agouti) commence à s’imposer de plus en plus en Allemagne et en Finlande. Ces octodons présentent des zones non pigmentées (blanches) un peu partout sur leur corps.

Génétiquement, l’on traduit le White Patched par la lettre « W » ; il s’agit d’un gène dominant exprimé physiquement à l’état hétérozygote (WA). Ainsi, l’on comprend que ce gène est en plus dominant sur l’Agouti.

Tout comme précédemment, il est possible d’obtenir différents résultats lors de différents croisements.

Premier croisement : White Patched X Agouti

Lorsque l’on croise un dégu Agouti et un dégu White Patched, l’on obtient finalement une portée composée uniquement de White Patched Agoutis (WA), dont le phénotye (aspect physique) reste identique aux octodons White Patched (WW).

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Second croisement : White Patched Agouti X White Patched Agouti

Lorsque l’on croise deux White Patched Agoutis, 50% de la portée héritera d’un génotype identique (WA), tandis qu’un quart leur ressembleront physiquement mais seront génétiquement White Patched Agouti (WA), et les derniers 25% seront simplement Agoutis (AA).

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Troisième croisement : White Patched Agouti X White Patched

Lorsque l’on croise un White Patched Agouti et un White Patched, l’on obtient une portée 100% identique phénotypiquement aux parents, mais dont l’une moitié est génétiquement WW et l’autre WA.

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Patched

Il apparait que les octodons qui présentent des tâches blanches ne sont pas forcément génétiquement White Patched (WW) ou White Patched Agouti (WA), et naissent d’ailleurs complètement Agoutis.

Cependant, ces dégus restent porteurs d’une mutation génétique responsable de l’apparition tardive (après quelques années) de tâches blanches généralement situées sur leur dos. Il a d’autant plus été prouvé que ces tâches ne sont absolument pas liées à d’éventuelles cicatrices passées.

White

A l’heure actuelle, il n’existe pas encore de dégus albinos, ce qui reste finalement très surprenant sachant que la mutation responsable de cette absence totale de pigmentation est plus que commune chez d’autres espèces telles que la souris domestiques (Mus musculus).

La première explication retenue semble liée au caractère létal d’un tel gène, lequel se retrouve par exemple chez les chevaux.

L’on recense finalement deux tendances pouvant prétendre au titre de variété White :

  • Les poils restent blancs malgré la présence de pigments de mélanine dans l’épiderme, qui n’entrent finalement pas au sein du follicule pileux
  • Les poils sont à la base Agoutis, mais deviennent blancs par la suite, et l’on sait uniquement qu’une mutation génétique rare en est responsable

Les quelques cas reportés par Mayer en 2008 ont montré que les dégus dits White présentent une peau rose à la naissance, laquelle s’assombrit avec l’âge, alors que les poils conservent leur couleur blanche originelle. Cependant, il a été constaté que les griffes présentent des pigments de mélanine.

En conclusion, il s’avère que la variété White puisse être considérée comme une amplification de la variété Patched en raison de la persistance de quelques poils Agoutis.

Traduction et ajouts par Katheleen LEMAIRE

* Degutopia : http://www.degutopia.co.uk/degucolours.htm

Images copyright Chloe Long, Degutopia (2011), reproduced with permission

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