Chimères, mosaïques et nouvelles mutations

Il existe parfois des perturbations dans le bon fonctionnement de la reproduction. Cela se manifeste par la présence d’une couleur, d’une tache, qui ne devrait pas être là. Il existe plusieurs types de perturbations, dont les plus connues sont la chimère, issue de deux ou plusieurs zygotes (cellules œufs) et le mosaïque, issue d’un seul œuf de base. Les deux peuvent présenter des modifications similaires sur un animal, et la seule méthode définitive pour savoir s’il s’agit d’une chimère ou d’un mosaïque est de faire des prélèvements ADN. Cependant, puisqu’aucun des deux ne se transmet génétiquement, cela importe finalement assez peu.

La chimère

Chimère russe bleu agouti et bleu uni Photo @ Martin BraakUne chimère est un organisme dont deux cellules œufs ont fusionné pour ne former qu’un seul individu, avec deux ADN différents, selon les endroits. Physiquement, cela peut se voir, ou non, selon ce que les gènes modifiés codent. Par exemple si les deux ADN sont deux agouti, cela ne se verra pas. Mais si l’un est agouti et l’autre noir, alors ça se verra (selon les endroits l’animal sera agouti ou noir).

<-- Chimère russe bleu agouti et bleu uni - Photo @ Martin Braak

Mosaïque

Picture2Le mosaïque est le résultat d’une mutation ou d’un affaiblissement de la copie de l’ADN pendant la formation des cellules. L’animal mosaïque présente en général une tache définie d’une autre couleur. Puisque à un moment la copie a modifié la couleur, toutes les cellules ensuite copiées de cette cellule transformée auront également la couleur modifiée (d’où les taches). Le plus courant est le crème chez le hamster syrien qui possède une tâche noire, et chez le hamster nain ce sont souvent les mutations dérivées du yeux rouges (pp). Chez les rats, il existe le très contesté « tricolore » qui serait issu de mutations mosaïques récurrentes. Le mosaïque est relativement commun, bien qu’il ne soit pas « reproductible ». En fait, quand on reproduit un animal mosaïque, on n’obtient pas cette variété chez les petits, puisque c’est une « faille » dans la copie de l’ADN, et en général les animaux ne se comportent génétiquement pas comme ils devraient. Pour prendre un exemple, Linda Price a eu un hamster de Campbell mosaïque opal/blue fawn (blue fawn étant la variante aux yeux rouges du opal). Le hamster aurait du se comporter génétiquement comme un blue fawn, puisque selon le pedigree il s’agissait bien d’un blue fawn (parents tous les deux aux yeux rouges) mais il a reproduit comme un opal (yeux noirs).

Photo ci-dessus : Hamster syrien mosaïque crème (tache noire)

Brindle

Picture3Il existe encore un autre « bug » génétique rencontré chez les hamsters nains, c’est un brindle (bringé), un mélange donc de noir et de fauve yeux rouges rayé. L’éleveur hollandais Martin Braak a essayé pendant longtemps de les reproduire et réobtenir sans succès, il semble qu’ils apparaissent çà et là dans ses lignées. Les parents étaient tous les deux homozygotes pour le gène opal (dd) et yeux rouges (pp). Les bébés auraient dû etre génétiquement tous ddpp, sauf que les brindles étaient ddPp. Jusque là on peut dire qu’il ne s’agit donc pas d’une chimère. Cependant, étant donné que ce n’est pas un tache plus ou moins grande, mais bien des rayures distinctes, il semblerait qu’il ne s’agisse pas non plus d’un mosaïque.

Photo ci-dessus : Rat mosaïque merle (de base BE himalayen)

Mutation

Picture4Il arrive parfois que des erreurs dans la copie de l’ADN ou d’autres perturbations se fixent plus définitivement et puissent alors être passées génétiquement des parents aux petits (ce qui n’est pas le cas des chimères et des mosaïques). Quand cela se produit, on appelle ça une mutation. Cette mutation passe par une phase instable, où il se peut que durant le développement embryonnaire le gène repasse à son état « normal ». Le travail des éleveurs aide à le fixer de manière stable. De nouvelles mutations apparaissent encore chez les rongeurs, bien que pour la plupart il existe déjà un large panel de variétés. Il faut savoir que l’environnement joue également un grand rôle dans l’apparition des mutations.

Photo ci-dessus :Hamster russe wavy, mutation récente et encore instable

Odd-eyes

Picture5Les yeux vairons (odd-eyes, un oeil rouge/noir et un oeil rouge/rose) peuvent dériver d’un facteur génétique, ils peuvent être dûs à un marquage facial, mais ils peuvent également être déterminés par une tache mosaïque sur l’un des yeux (et éventuellement autours de l’oeil). Il apparaît cependant que certaines lignées ont des prédispositions pour sortir du odd-eyes, même si la transmission génétique se fait encore aléatoirement.

 

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