[epi-génétique] De l’importance de l’environnement des reproducteurs

De l’importance de l’environnement lors de la reproduction

On sait a présent que le choix des parents lorsque l’on fait de l’élevage se révèle très important, que ce soit pour la mère comme pour le père. Cà et là, on a également parlé de l’importance de points plus “extérieurs” des parents en eux-mêmes (indépendamment de la lignée, comme par exemple le caractère des parents, la bonne forme physique au moment de la mise en couple, etc.). Je souhaite aujourd’hui m’attarder sur ces points extérieurs.

=> A lire aussi : transmission héréditaire chez les rongeurs

On sait que le physique des parents un peu avant et au moment de l’accouplement peut jouer un rôle sur la progéniture. On sait également que le caractère des parents se transmet de manière partiellement génétique (et l’autre partie est acquise après la naissance). Ce sont des points qu’il ne faut jamais négliger. Cependant, l’environnement dans lequel évoluent les deux parents va également influencer les futures générations.

Diverses expériences sont mises en œuvre (ont été – et le sont encore) pour tester la portée des changements épigénétiques. L’épigénétique, ce sont les informations complémentaires à l’ADN en lui-même et qui sont transmises en même temps, qui définissent comment les gènes vont être utilisés par une cellule, ou s’ils ne vont pas être utilisés du tout – pour faire simple, cela peut dire à des gènes présents de devenir “invisibles”. Les expériences menées ne portent pas sur tous les facteurs environnementaux, jusqu’à présent elles se concentrent surtout sur les problèmes psychologiques.

L’étude que j’ai lue et qui m’a menée à faire cet article portait sur la transmission de la peur. Les souris qui apprenaient à associer une odeur à la douleur (et donc en venaient à une démonstration de peur quand elles sentaient l’odeur en question) transmettent cette démonstration à au moins deux générations (donc à leurs enfants et petits-enfants). Et ce, y compris quand les bébés sont séparés de la mère à la naissance et élevés par une autre souris, ou quand c’est le père qui y est confronté et qu’il n’a aucun contact avec sa progéniture. L’idée d’une transmission de comportement par l’éducation des parents est donc ici rejetée.

Un autre article lu récemment, traitait lui de l’importance de l’environnement pour les humains, en mettant en évidence que le stress ou les problèmes de nourriture peuvent avoir des conséquences sur le bébé, même si ces problèmes sont résolus quand l’enfant vient au monde. Ils notent par exemple qu’un stress important, comme une famine, augmenterait les risques de schizophrénie. Ils indiquent aussi que des expériences faites sur des souris prouveraient que les souris stressées en laboratoire produisent deux générations de bébés dépressifs, même s’ils ont été élevés dans un environnement sans stress.

Il y a des séries d’études en cours, les scientifiques s’interrogent sur la façon dont sont transmises ces informations. En effet, les informations épigénétiques sont normalement effacées dans les cellules qui forment le sperme ou les œufs, pour éviter des problèmes aux générations suivantes dus à l’accumulation de ces informations. Il semble cependant qu’environ 5% du génome soit résistant à la reprogrammation, laissant donc des passages pour ces informations épigénétiques. Ces régions qui seraient résistantes sont principalement associées à des problèmes de santé comme le diabète (j’en avais parlé récemment, que les parents obèses – y compris le père- pouvaient produire des individus diabétiques), l’obésité ou la schizophrénie. Il semble visiblement que le stress et la peur puissent également être passés facilement.

On retiendra donc d’avoir un environnement calme pour les parents, non seulement à la saillie mais également avant. Les jeunes doivent être introduits aux nouvelles choses progressivement (surtout si eux-aussi vont reproduire par la suite), les manipulations forcées, brutales, les réveils soudains et le stress de la promiscuité doivent être évités autant que possible. Evidemment, cela ne veut pas dire de ne pas exposer les animaux aux bruits de la vie de tous les jours, il faut qu’ils soient bien dans leurs pattes, ne pas les exposer reviendrait à leur faire subir également de gros stress en cas d’exposition involontaire (par exemple, ils doivent être habitués au bruit de l’aspirateur, …). On peut également noter que ni eau ni nourriture ne doivent manquer, puisque c’est également un facteur de modifications épigénétiques transmissibles.

Article par Aurélie Dengis

Sources :
http://arstechnica.com/science/2013/12/in-mice-fear-learned-by-parents-is-transferred-to-their-offspring/
http://www.iflscience.com/health-and-medicine/scientists-unpick-how-parents-environment-can-affect-dna-future-generations

Laisser un commentaire