La caecotrophie chez les rongeurs

La caecotrophie chez les rongeurs : loin d’être inutile !

 Comportement encore peu connu, la caecotrophie représente un intérêt nutritionnel non négligeable dans l’alimentation du rongeur (qui se rencontre également chez les lagomorphes) car elle lui permet de récupérer certains éléments nécessaires au bon fonctionnement de son organisme. Cette pratique sera cependant à ne pas confondre avec la coprophagie, qui consiste en l’ingestion d’une partie de ses excréments (déjections vraies = crottes dures), de manière systématique ou occasionnelle.

L’alimentation des cobayes est essentiellement composée de végétaux – tout comme celle des autres rongeurs dans une moindre mesure – dont le constituant principal est la cellulose. Une fois ingérés, les aliments séjournent environ 2 à 4 heures dans l’estomac, pour ensuite être transférés dans l’intestin grêle où ils sont dégradés par le suc pancréatique et les enzymes des sécrétions intestinales.

C’est à l’aboutissement de cet intestin que les particules non dégradées entrent dans le caecum où elles s’y attardent 2 à 12 heures et dans lequel les enzymes fabriquées par les bactéries qui y séjournent agissent dans le but de rendre assimilables ces mêmes particules. Y sont notamment libérés des acides gras volatils – produits finaux principaux issus de la fermentation microbienne, appartenant à la catégorie des lipides – qui franchissent alors la paroi du tube digestif pour passer dans le sang en tant que nutriments. Tout le contenu du caecum est ensuite déversé dans le colon, niveau où la physiologie du rongeur devient particulière.

En effet, le colon proximal est responsable de la production de deux types de déjections, au gré de la puissance, la vitesse et le sens de ses contractions : les crottes « dures », habituellement retrouvées dans la litière, sèches et de couleur assez sombre (qui constituent des déchets au même titre que les fèces des carnivores domestiques) et les « crottes molles » odorantes appelées « caecotrophes ».

Ces dernières se repèrent à leur aspect luisant et humide notamment du à la pellicule de mucus qui l’enveloppe. Elles sont d’autant plus composées de 70% d’eau (contre 40% pour les fèces dures normales) et majoritairement de vitamines, protéines et minéraux. Les caecotrophes sont récupérées par les rongeurs à leur sortie de l’anus (ou déposées sur le sol) puis immédiatement ingérées.

Lors de leur second passage, la couche de mucus qui protège les caecotrophes de l’acidité de l’estomac leur permet d’atteindre l’intestin grêle intactes pour être finalement absorbées.

Les caecotrophes représentent un apport notable en protéines ainsi qu’en vitamines hydrosolubles du complexe B et C. Ce mode de fonctionnement nécessite donc un apport en foin, dont la quantité dépend des besoins nutritionnels de l’animal, afin de conserver l’équilibre de la flore microbienne du caecum.

Toutes les fibres végétales ne sont cependant pas assimilables suite à leur fermentation dans le caecum bien que jouant un rôle essentiel dans le bon déroulement de la digestion telle que la lignine, les fibres digestibles étant notamment la pectose et l’hémicellulose. La cellulose fait partie à la fois des fibres assimilables et non digestibles.

Il est toutefois possible que vous trouviez des caecotrophes gisant dans la litière de votre rongeur et ces découvertes constituent généralement l’évocation d’un problème sous-jacent : une alimentation trop protéinée et pauvre en fibres (déséquilibre alimentaire), douleurs dorsales, stress ou encore surpoids, à même titre qu’une infection digestive…

Bien entendu, il vous est totalement déconseillé de déranger votre animal lors de l’ingestion de ses caecotrophes, ce qui vous rendrait alors responsable de la perturbation du fonctionnement de son système digestif complexe !

A savoir que le Rongeur Digest peut être utilisé dans le but de réguler les problèmes intestinaux chroniques car il favorise le développement de bactéries utiles à la digestion.

Des compléments alimentaires (vitamines) peuvent également être donnés si votre rongeur présente un handicap, un problème d’obésité, d’arthrite dorsale ou encore s’il doit porter une collerette pendant une semaine ou plus…

Enfin, il est à noter que certains rongeurs peuvent cesser de manger leurs caecotrophes lors de la prise d’antibiotiques par voie orale qui peuvent parfois perturber l’équilibre de la flore intestinale. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Sources :

http://www.ffc.asso.fr/Publications/caracteristiques_bio_physio.htm
http://www.wanimo.com/fr/rongeurs/fiches-sante/alimentation-des-rongeurs-cc192/l-alimentation-du-lapin-cf519/
http://www.avicampus.fr/PDF/PDFlapin/nutritionviandelapin.pdf
http://www.canaille.org/html/savoir/alimentation.php
http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=1099
http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=245

Article par Katheleen Lemaire

Laisser un commentaire