La reproduction du chinchilla selon Virginie Bouquet

La formation d’un couple : étape 1

a) reconnaître les sexes

Pour avoir un jour de jolies petites boules de poils (quoique au début les bébés chinchillas ne sont pas vraiment boules), il faut bien sûr être certain d’avoir un mâle et au moins une femelle. Il faut donc savoir différencier les sexes.
Voici donc une image qui normalement va vous permettre de devenir un expert dans cette matière chez le chinchillas. Si on achète dans une animalerie, n’ayez pas toujours confiance aux vendeurs car certains n’y connaissent absolument rien!

L’essentiel est donc de repérer la distance qu’il y a entre les 2 orifices, en pensant à soulever la zone de l’orifice urinaire si jamais on ne voit pas suffisamment l’espace (et dans ce cas-là c’est le plus souvent un mâle dont le pénis est dirigé vers l’arrière et qui cache cette zone vide entre les 2 orifices).
Ce n’est pas difficile de faire la différence… Même chez les nouveaux-nés ! Mais là il vaut mieux revérifier quelques semaines après: on ne sait jamais!

b)  âge de reproduction

Les jeunes sont généralement capables de se reproduire vers 3 mois 1/2 à 4 mois (cela dépend des individus aussi).

Le mâle est donc normalement apte à se reproduire vers l’âge de 4 mois mais pour être plus précis il a atteint sa maturité sexuelle. Encore faut-il maintenant qu’il apprenne comment s’accoupler, ce qui ne se fera pas tout de suite. On peut admettre qu’il sera capable de réellement se reproduire après ses 6 mois.

La femelle, elle aussi, est apte à se reproduire vers 4 mois.
Attention !!! elle n’est pas encore assez « solide » pour supporter à cet âge une gestation. Les femelles ne doivent donc jamais être placées avec un mâle avant l’âge de 10 mois. Ainsi nous sommes sûrs que les risques sont réduits au minimum.
Certains vont dire : « Oui mais dans la nature, les mâles féconderaient les jeunes femelles aussi ». A ceci je réponds : Certaines de ces femelles mouraient jeunes ou avaient ensuite des problèmes de santé qu’elles n’arrivaient pas toujours à surmonter…

Dans la nature, les chinchillas ne sont pas non plus limités par l’espace et les femelles peuvent échapper à leurs courtisans bien plus facilement que dans une cage… L’important est bien d’éviter au maximum les risques pour nos protégés.
La femelle doit peser au moins 450 g car en dessous de ce poids on peut dire qu’une femelle est trop fragile pour supporter correctement une grossesse.

Si ce sont deux jeunes chinchillas alors il se peut que le mâle réussisse plus vite un accouplement puisque la femelle sera aussi novice que lui.

Il ne faut donc pas mettre 2 jeunes chinchillas de sexes opposés et âgés de plus de 3 mois ensemble…

c)  un couple ou une colonie

Avec un couple les risques de mésentente sont limités, ce qui simplifie les choses…

Si on veut laisser vivre plusieurs chinchillas ensemble, c’est possible aussi mais plus difficile à mettre en place. Dans tous les cas on ne peux pas mettre 2 mâles avec des femelles : une colonie se compose donc d’un seul mâle avec son « harem ».
Il est possible de tenir un mâle avec 3 femelles, mais cela dépend du caractère de chaque animal. En effet, une femelle peut accepter les autres pendant plusieurs mois mais une fois accouplée va se mettre à les attaquer… La seule chose à faire est de la séparer du groupe… Son retour sera presque impossible ensuite… Elle peut aussi ne plus accepter les autres après la naissance de ses bébés.

Lorsqu’il y a plusieurs jeunes de mères différentes dans la même cage, il est possible qu’une des femelles veulent s’accaparer tous les bébés, ce qui n’est pas souhaitable ni pour les petits ni pour la femelle.
Avec une colonie, il y a toujours nécessité de surveiller davantage pour repérer les mésententes qui peuvent se produire. Il ne faut pas non plus y mettre une femelle que l’on a déjà jugé comme agressive auparavant. Sinon, bien sûr, c’est très agréable de voir 4 chinchillas collés les uns aux autres.
d)  connaître les risques

Il est important de connaître les risques de nos actes en matière de reproduction. Si une femelle est accouplée avant ses 10 mois et par exemple qu’elle pèse moins de 450 gr alors il y a beaucoup de risques pour sa santé (voir aussi les troubles de la reproduction):

1) Sa croissance peut s’arrêter (le calcium qui était indispensable pour le développement de ses os va en effet aller préférentiellement vers les fœtus).
2) Les fœtus peuvent cesser de se développer et mourir dans l’utérus avec donc risques de fœtus momifiés ou d’avortements et donc infections internes possibles.
3) Le besoin en calcium pour le bon développement des fœtus peut entraîner une décalcification des dents et des os de la mère avec donc augmentation du risque de malocclusion dentaire pour l’avenir et risques de fractures plus importants (les os étant fragilisés).
4) Problèmes possibles à la mise-bas : les fœtus ne peuvent pas sortir car la femelle est encore trop petite : une césarienne est alors nécessaire mais encore faut-il  le voir à temps et il faudrait qu’elle la supporte.                           5) Problèmes possibles pour l’allaitement : toujours liés au besoin en calcium dans le lait. Il se peut que la quantité de lait soit  insuffisante ou de nouveau que ce soit l’organisme maternel qui en subisse les conséquences.

Je n’ai énuméré tous ces risques que pour vous faire comprendre à quel point il est préférable d’être patient plutôt que de vouloir mettre une jeune femelle avec un mâle et ainsi risquer sa vie.

Voici les risques liés à la réalisation d’une colonie :
1) Deux femelles ne s’entendent pas : nécessité d’avoir une cage en plus (ou de trouver un autre foyer pour une des femelles).
2) Disputes après la mise en colonie : risques de blessures, de chute etc… voir de mort.
3) Rarement : une femelle tue les bébés d’une autre femelle…

II)   La vie de couple : étape 2

A)    Premiers contacts

Ils sont le plus souvent décisif ! Ils faut donc prendre toutes les précautions pour qu’ils soient réussis.

Première étape : Les premiers jours (après la période de quarantaine qui est nécessaire pour éviter qu’un animal venant d’une animalerie ne contamine l’autre), les cages sont placées dans la même pièce mais à une distance respectueuse.

Deuxième étape : Ensuite on place les cages l’une à côté de l’autre mais avec un espace d’au moins 10 cm (les chinchillas sont doués pour sectionné net le petit doigt du voisin à travers les barreaux). Les laisser ainsi pendant une bonne semaine voir même 2 semaines.

Troisième étape : Les sorties communes sous surveillance ! Il fait les laisser sortir en même temps et toujours éviter que l’un soit dans sa cage et pas l’autre car de nouveau il y a risque d’attaque à travers les barreaux.

En étant libre, ils se font rarement mal car ils se poursuivent et ne peuvent que mordre dans le poil qui est tellement épais que les morsures sont rares. Les observer permet de voir s’ils s’entendent ou non.
– Assez souvent tout se passe bien : ils se rencontrent et l’un des deux farfouille dans la fourrure de l’autre. Dans ce cas-là, on peut tenter de les mettre dans une seule et même cage… Mais il est préférable de faire ça au matin et lorsque nous restons à la maison pour aller jeter un oeil de temps et temps et voir si tout va bien. Si on les met le soir alors on ne pourra pas surveiller pendant la nuit et comme c’est la période active pour eux, il y a plus de chance pour qu’il se passe quelque chose… Tandis que le matin, ils vont plus dormir et donc peut-être même dormir l’un avec l’autre.
– Parfois c’est un peu plus long : l’un des 2 n’accepte pas l’autre et le repousse : Il faut alors leur laisser plus de temps pour se connaître durant les sorties. Et quand ils commencent à se câliner alors les mettre dans la même cage.
– Rarement entre un mâle et une femelle (beaucoup plus souvent entre chinchillas du même sexe) mais bon c’est possible : c’est la bagarre : les chinchillas se poursuivent, s’attaquent, se battent (ils se roulent par terre en se mordant mutuellement), se cherchent, se fatiguent, s’essoufflent… Et foncent aussi sur tout ce qui bouge (même vos mains). Là il va falloir être très patient… Très très patient. Et il faut aussi observer les 2 combattants pour soigner d’éventuelles petites blessures (aux oreilles ou au museau). Et déjà ne pas les laisser ressortir ensemble dans les jours qui suivent. Il faut recommencer à l’étape 2 et leur laisser beaucoup plus de temps. On peut aussi alors employer la méthode radicale, de dernier recours, qui est expliquée ci-dessous.

Le dernier recours ! Il vaut mieux faire les étapes décrites auparavant plutôt que d’essayer cette méthode car elle est très stressante pour les chinchillas.
Il faut une cage très basse, si basse que les chinchillas ne puissent pas se lever sur 2 pattes. Il ne faut pas qu’elle soit trop petite pour qu’ils puissent avoir chacun leur coin. On leur badigeonne le museau de dentifrice pour effacer les odeurs. Eau et nourriture sont à disposition au milieu de la cage ou alors en double pour éviter que l’un des 2 ne puisse y accéder. Les chinchillas sont alors placés dans la cage au matin et sont surveillés pour la première journée. Tant qu’ils ne dorment pas ensemble, on les laisse dedans. Si au bout de 4 jours ils sont toujours chacun dans leur coin et se montrent les dents dès que l’autre approche un peu alors on peut conclure qu’ils ne sont pas faits pour être ensemble. S’ils dorment ensemble c’est réussi et on peut les mettre dans une cage sans odeur ni de l’un ni de l’autre (pour éviter que l’aspect territorial ne reprenne le dessus). S’ils ne dorment pas ensemble mais ne montrent plus d’agressivité alors on peut aussi les mettre dans une cage commune mais en les surveillant encore un peu.
B)    les accouplements

Le couple est formé (ou la colonie). Il ne reste qu’à attendre qu’une femelle soit en chasse et que le mâle réussisse à s’accoupler à elle.
On peut repérer ce moment facilement : C’est le plus souvent au soir que cela débute, le mâle est tout excité, il rouspète (petits cris et balancement de queue), il poursuit la femelle. Celle-ci fuit. Au bout d’un moment elle se laisse rejoindre et il y a accouplement. Cela dure une bonne partie de la nuit. Une femelle est en chaleur pendant plusieurs jours mais elle ne sera fertile que pendant quelques heures seulement. De plus ce sont les accouplements répétés qui vont entraîner l’ovulation (l’ovaire libère l’ovule qui pourra alors être fécondé par les spermatozoïdes).
On découvre parfois un élément blanchâtre, allongé qui fait penser à de la cire appelé bouchon ou stoppeur.. On est alors sûr qu’il y a eu accouplement.

Bouchon ou stoppeur

Mais qui dit accouplement, ne dit pas forcément fécondation et gestation… Mais sincèrement c’est le plus souvent le cas. Il faut alors noter la date sur un calendrier ! Dans 111 et quelques jours en plus ou en moins, naîtront de jolis bébés!

III) la gestation du chinchilla: étape 3

A)    en être sûr

Il existe 3 méthodes pour s’assurer qu’une femelle attend des petits:
– la pesée,
– l’observation des mamelles,
– le toucher.
Mais il vous faudra attendre au moins 1 mois avant de pouvoir les utiliser : avant ce délai, la prise de poids n’est pas significative, les mamelles n’ont pas changé et les fœtus sont bien trop petits pour être repérés au toucher.

1) La pesée :

Il vous faut une balance électronique afin qu’elle soit fiable. Vous y placez une boîte et mettez la jauge à 0 g. Puis vous prenez (sans la brusquer) votre femelle et vous la placez dedans. Vous regardez la mesure qui s’affiche et ne prenez la mesure que lorsque le chinchilla ne bouge plus et que la jauge est stable.
La pesée peut se faire tous les 15 jours ou toute les semaines si on sait prendre sans problème son chinchilla. La prise de poids va commencer à être bien nette après 1 mois 1/2 à 2 mois.

Avant les fluctuations ne sont pas significatives. Le mieux est de réaliser un graphique.

2) L’observation des mamelles :

Pas la peine d’essayer avant 1 mois non plus.
Vous prenez délicatement votre femelle et vous la maintenez des 2 mains de façon à avoir son ventre tourné vers vous. Puis soufflez doucement et lentement sur sa fourrure sur une ligne droite qui passe par la patte antérieure et la patte postérieure.

Cherchez de cette manière la minuscule mamelle… Elle fait 1 à 2 mm chez une femelle qui n’a encore jamais eu de portée, 6 à 7 mm chez une femelle ayant déjà eu des bébés.
Si la mamelle a la pointe blanc cassé alors…pas de bébés ou alors il faut attendre encore quelques jours avant de réessayer… Si la mamelle a la pointe rose-rouge alors elle attend un ou plusieurs bébés.

                                

Schéma comparatif entre deux femelles : la variation de couleur n’est pas facile à distinguer

3) Le toucher :

Cette méthode n’est à employer que dans le dernier mois de la grossesse. Placez vos doigts sous le ventre de la femelle et attendez qu’un petit veuille bien bouger. Déplacez vos doigts un peu dans chaque direction pour tenter de repérer une tête (grosse boule dure). Mais n’appuyez dans aucun cas sur son ventre! Pour employer cette méthode, la femelle reste dans sa cage et pendant qu’elle mange une friandise, vous passez doucement votre main sous son ventre. Le mieux est de lui parler doucement et d’avancer lentement la main sous son ventre. Dès qu’elle fait mine de se sauver on stoppe la progression, on la rassure et on recommence.
Si vous avez peur de lui faire mal ou de faire mal aux petits alors n’utilisez pas cette méthode. Le mieux est d’employer alors la pesée car seuls les « experts » peuvent sentir la présence de fœtus avant les 3 dernières semaines de gestation.

4) Des signes qui ne trompent pas en fin de gestation :

Lorsque la femelle arrive à son dernier mois, elle commence à se coucher sur le côté (parfois avec les 2 pattes arrière en l’air ce qui est plutôt drôle). C’est un bon signe aussi. De plus lorsqu’elle est comme cela, on peut parfois voir les fœtus donner des coups ou se retourner : c’est bien visible au niveau des flancs de la mère. Et là on peut dire que la naissance est proche.
B)    la surveillance

Il faut surveiller de plus près une femelle qui attend des petits surtout dans les dernières semaines.
La pesée est d ‘ailleurs un moyen de voir si tout va bien. Il fait aussi vérifier que la vagin est toujours fermé et qu’il n’y a pas d’écoulement (cela pourrait signifier un avortement).
C’est surtout au moment de la mise-bas qu’il faut être là : pour agir si les bébés ne respirent pas à la naissance, pour l’emmener chez le vétérinaire si l’accouchement se déroule mal…
Lorsque l’on prend une femelle chinchilla qui attend des petits, il faut toujours maintenir d’une main son arrière-train. L’autre main passe sous la poitrine, entre les 2 pattes antérieures et on la sécurise rapidement en la plaçant près de notre corps. Quand elle n’a plus peur on peut alors faire l’examen de surveillance : le mieux est de la tenir « assise » dans la paume de la main gauche (pour les droitiers) pendant que la main droite la manipule délicatement mais en restant toujours en contact avec son corps pour éviter tout faux mouvement. Dès qu’elle remue un peu trop, on la replace en position sécurisée c’est à dire en contact avec notre corps comme par exemple dans le creux du bras. Ensuite on le dépose lentement dans sa cage.

C)    une bonne santé

D’une manière générale, la femelle chinchilla vit très bien sa « grossesse » : elle s’épanouit, devient plus ronde et plus calme.
Il peut arriver que ses crottes soient parfois un peu plus molles mais si cela ne dure pas plus de 2 ou 3 jours il ne faut pas s’alarmer.
Durant cette période, on augmente la quantité de nourriture et d’eau à sa disposition. N’oubliez pas de lui laisser également à disposition un bloc de calcium.
Attention par contre aux vitamines ! Il ne faut lui en donner que durant les premiers mois de sa grossesse. Durant les 15 derniers jours il ne faut plus lui donner de supplément vitaminique car cela a généralement pour effet un surdéveloppement des fœtus qui seront alors trop gros pour sortir (avec comme conséquence une césarienne… si c’est possible). Donc si vous n’êtes pas sûr de la date il vaut mieux s’abstenir… La veille de la mise-bas il faut absolument retirer le sable à bain car la femelle sera tentée d’y aller pour se nettoyer. Et il y a alors risque d’infection vaginale et surtout utérine (germes dans le sable qui peuvent facilement pénétrer par la « porte entrouverte »).

IV)  la mise-bas et la naissance des bébés : étape 4

 A)   Reconnaître les signes d’une mise-bas proche (accouchement)

La femelle reste de plus en plus dans le bas de la cage. Elle y passe de plus en plus de temps. 
Elle tourne en rond.  
Elle se couche quelques minutes puis se relève. 
Elle s’étire, émet de petits sons plaintifs.  
Elle se lèche les parties génitales.
Et puis la poche des eaux cède et elle a le ventre tout mouillé (et parfois aussi le museau).

B)    les étapes de la mise-bas

  • Une fois la poche des eaux déchirée, le premier bébé va montrer le bout de son museau. La femelle le tire délicatement et le sort. Puis elle coupe le cordon ombilical et le lèche pour le sécher. Elle s’en occupe jusqu’à ce qu’un éventuel deuxième bébé arrive. Elle s’occupe du second et le premier va se cacher sous elle ou à côté. Les naissances sont assez rapprochées mais parfois il peut y avoir 1/2 heure entre elles. Si les naissances sont très rapprochées alors il sera peut-être utile d’aider la mère en séchant le premier pour éviter qu’il n’attrape froid.
  • Le nettoyage des nouveaux-nés : la mère prend un soin tout particulier à bien les nettoyer: elle vale faire pendant un long moment.

Photo de Henk et Patricia: Bouju et maman Jumper

  • L’expulsion du placenta : c’est la dernière étape. Elle retire le placenta et le mange. Il faut la laisser faire car ce placenta lui apporte des éléments nutritifs utiles .
  • Le calme revient et la maman se nettoie pendant que les petits commencent déjà à assaillir les mamelles encore vides. Mais cela va permettre de stimuler la lactation…
  • On peut alors découvrir la couleur des bébés qui sont plus secs. On peut les prendre pour les peser et regarder leur sexe. Le poids à la naissance est en moyenne de 45 à 50 g, mais certains peuvent atteindre les 70 g et d’autres pas plus que 15 g.C)  ce qu’il fait faire ou ne pas faire

Ce qu’il faut faire :
– observer la mise-bas et sécher les petits que la mère n’aurait pas eu le temps de sécher elle-même.

Photo de Anja K.

– retirer les éventuels bébés morts …
– retirer le sable avant le début de la mise-bas (la femelle va très certainement vouloir y aller entre 2 naissances ou après).
– séparer le mâle de la femelle en fin d’après-midi au plus tard. On peut le laisser faire connaissance avec ses bébés au matin, il n’y a généralement aucun risque.

Ce qu’il ne faut pas faire :
– attendre trop longtemps avant d’appeler le vétérinaire si l’accouchement s’éternise plus de 3 heures ou si aucun bébé n’est sorti alors que la poche des eaux a cédé 1 heure auparavant…
– laisser le mâle au soir car l’accouplement aura lieu très certainement et tout le monde sait qu’une gestation en même temps qu’un allaitement c’est très fatiguant                                            – laisser la femelle dans une cage haute (plus de 70 cm de haut) car les petits sont de dangereux grimpeurs et peuvent se casser la nuque en tombant ou dans une cage avec des barreaux trop espacés car les petits vont en sortir et ensuite ne sauront pas forcément comment y rentrer.

VI)  la croissance des jeunes chinchillas: étape 5

A)    l’allaitement

Le lait sera peu abondant durant les 2 premiers jours. En effet c’est la succion des bébés qui va stimuler la production de lait (lactation). Pourtant les petits en demandent beaucoup et il se peut que la femelle les repousse un peu. Mais cela se passe en général très bien. Sauf si les bébés sont nombreux: à partir de 3, il peut y avoir un manque de lait d’où des combats entre jeunes pour atteindre les mamelles. En effet le plus souvent les femelles n’ont que 2 mamelles fonctionnelles. Donc les bébés doivent se les partager. Et ce n’est pas toujours le cas.

Il faut savoir que les petits grattent sans cesse autour de la mamelle donc très vite la peau autour des mamelles est dénudée et on peut même voir des blessures faites par les griffes des bébés. Il faut juste surveiller qu’elles ne s’infectent pas.

S’il est nécessaire d’aider la mère pour l’allaitement alors il faut vous procurer un biberon pour bébés animaux ou sinon une seringue sans aiguille.

Il faut ensuite acheter du lait concentré non sucré pour chiot ou chaton. On mélange avec de l’eau de bouteille. On fait chauffer au bain-marie ou au micro-ondes et bien sûr on teste la température avant de le donner.
On peut ajouter 1 goutte de solution vitaminique pour 5 ml de lait. Il existe une très bonne marque de lait pour bébés chinchillas: c’est du lait pour chaton de la marque TVM (trouvable en France) ou lait en poudre pour chatons ou chiots, vendu en pharmacie. Sur la boîte TVM sont indiqués les quantités pour les rongeurs. Il a déjà fait ses preuves chez plusieurs personnes. Je vous le recommande donc.

Les quantités suivantes sont conseillées:

   1ère semaine : 1/3 lait – 2/3 eau.
2ème semaine : idem
3ème semaine : 1/2 lait – 1/2 eau
4ème semaine : idem
5ème semaine : idem

Méthode d’allaitement : le petit est pris dans une main et on lui place l’extrémité du biberon au niveau des lèvres. On fait glisser une goutte de lait sur celles-ci et on attend qu’il goûte. On recommence encore et encore. Les premières fois, il ne va pas absorber grand chose car le lait ne lui plaira pas. Mais il ne faut surtout pas le forcer ! Car on risque alors de faire pénétrer le lait dans la trachée et les poumons (ce qui peut être mortel pour des bébés). Donc on prend son mal en patience… On recommence toutes les 2 heures. Avec le temps il va peu à peu se mettre à laper le lait et ensuite à téter… Puis il prendra la tétine dans ses petites pattes et pour finir il pourra boire assis sur une table comme sur la photo ci-dessous:

Ce qu’il faut retenir c’est qu’il ne faut jamais pousser le lait dans la bouche du bébé mais :
– le mettre goutte à goutte sur ses lèvres,
– puis laisser couler un filet de lait continu au bord de la bouche donc ne jamais trop appuyer sur les parois du biberon.

B)    les problèmes éventuels

Problème majeur: le manque de lait maternel ou les disputes pour une mamelle.

Solution au problème : prendre le plus gros et l’ élever pendant une semaine complète à l’écart des autres et de sa maman… Lait toutes les 2 heures… Après une semaine le replacer avec ses frères et sa maman et continuer à lui donner un complément de lait.  Surveiller et contrôler le poids: perte de poids normale les premiers jours de transition.

Noa et ses jeunes de Marcel et Linda ( chinchillas Lima)

C)    courbe de croissance : surveillance

Faites une courbe de poids, chaque chinchilla va grandir à son rythme selon qu’il est gourmand ou non, qu’il boit beaucoup de lait ou pas, qu’il passe plus ou moins vite à l’alimentation solide…

Ancien article Rodent ASBL

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